27.07.2007

accomplir

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"Mais pour l'instant je ne vis pas comme il faut, je cherche à forcer le destin (...) Mais il ne faut pas "vouloir" les choses, il faut les laisser s'accomplir en moi, et c'est précisément ce que j'oublie de faire en ce moment. Que ta volonté soit faite et non la mienne."

Etty

Ne pas "vouloir" les choses, mais les laisser s'accomplir en soi.

Cette phrase résonne profondément en moi comme une vérité profonde et la concrétion de quelque chose que je cherchais à me dire ces derniers temps. Peut-être une forme ultime de l'abandon et du lâcher-prise.

Par exemple, je me suis rendu compte que mon dernier spectacle parlait d'un homme qui rencontrait une femme-fée. Une exhauceuse de voeux, une femme magicienne, son féminin sacré.  J'ai compris aujourd'hui que ce spectacle fut sans doute la matrice de ma rencontre avec la Dame de la Rencontre.

Une fois ce chemin fait en moi, il pouvait devenir réalité, sans même que je le recherche explicitement.

De quel événement de demain suis-je la matrice aujourd'hui ?

Ce matin, j'ai conté -à la demande de sa famille- à l'enterrement d'une dame que j'aimais beaucoup. La procession partie de l'église s'est arrêtée un moment devant un lavoir sur laquelle une scène flottante avait été installée avec des bougies et sa photo.

C'est là que j'ai raconté. Et croyez-m'en, en ces circonstances on ne peut se tromper. Et l'on expérimente alors une des fonctions les plus hautes du conte : apaiser et guérir. Panser les plaies de l'âme et y donner du sens.

Les personnes, enfants, adultes, sont arrivées des larmes dans les yeux et le chagrin qui ravageait les visages. Il m'a semblé lorsqu'ils sont repartis pour la dernière étape jusqu'au cimetière que leur peine était moins lourde, ou en tout cas moins pénible.

Plus tard, ses enfants sont venus me remercier, en me disant qu'elle aurait beaucoup aimé ces histoires.

J'en suis content.

Il n'y a parfois rien à faire, juste laisser les choses s'accomplir en soi.

25.07.2007

dans la paume de sa main

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"Je me sens dépositaire d'un précieux fragment de vie, avec toutes les responsabilités que cela implique. Je me sens responsable du sentiment grand et beau que la vie m'inspire et j'ai le devoir d'essayer de le transporter intact à travers cette époque pour atteindre des jours meilleurs. C'est la seule chose qui compte, j'en suis perpétuellement consciente."
Etty Hillesum
"Une vie bouleversée"
Point Seuil
Que ces mots d'Etty me touchent et résonnent en moi.
Mais il arrive aussi parfois que ce soit la vie qui vous prenne dans la paume de sa main, en une caresse douce et bienveillante.
Et que nous nous sentions alors protégés.
Nous n'avons plus alors qu'à nous abandonner aux merveilles qu'elle met sur notre chemin et être à la hauteur de ce qu'elle nous offre.
Vendredi matin, je vais raconter à l'enterrement d'une dame que j'aimais beaucoup. Une histoire yddish qui parle de la source du monde et du coeur du monde.
En ce moment, le coeur et la source chantent ensemble, et mon âme aussi.
Et je fais ce voeu : prendre autant soin de la vie qui m'est donnée qu'elle ne le fait en ce moment de moi.

11.06.2007

une naissance

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Etty disait "respirer avec son âme". Je l'avais lu, je l'avais écrit.

Aujourd'hui je sais ce que cela veut dire.

Vraiment.

La vie  va parfois par grands bonds, parfois par petits pas.

C'est comme si, sans que je ne fasse rien de particulier, une porte s'était ouverte me permettant d'accéder là où je n'allais pas. J'avais l'intuition de ce qu'il y avait derrière mais ne pouvais y aller.

Depuis samedi, j'y accède.

C'est un grand territoire. L'âme y respire large et ample. Il n'y a pas de peur. Il y a quelque chose qui agit, quelque chose d'autre que son petit soi.

C'est un espace aux horizons sans fin. Tout y est simple. Evident.

Je suis pourtant le même, mais quelque chose y est entré. Quelque chose de nouveau. Quelque chose qui m'habite et que je nourris en étant simplement fidèle à la promesse d'y prendre soin ; de ne pas l'altérer, le banaliser, le minimiser.

Il ne tient qu'à nous que la vie tienne ses promesses. Elle est si vaste, si grande, et les forces qui l'animent tellement mystérieuses.

Chaque mystère en appelle un autre. Chaque émerveillement un autre. La vie se nourrit d'elle-même à l'infini. Nous la tuons quand nous l'apauvrissons de nos reniements.

Lorsque nous nous développons de l'intérieur, nous nous déployons. Ainsi peut-elle, elle aussi, s'ouvrir.

Jodorowski raconte que lorsque l'on demandait à Ramakrishna s'il croyait en Dieu, il répondait : "Non, je n'y crois pas, je le connais".

Souvent, on s'imagine que les grandes révélations sont bruyantes et spectaculaires, apparaissant dans des circonstances exceptionnelles.

C'est peut-être vrai, parfois.

Pour ce qui me concerne, il y eut une rencontre, la rencontre  avec une âme qui, par un processus que je ne connais pas, m'a fait naître à ce que je cherchais depuis si longtemps.

Il n'y a pas eu de bruit, pas de cri.

Juste deux êtres debouts, se parlant  entre une grille et une moto dans une nuit de capitale attendant l'orage.

Et une porte, qui doucement s'est ouverte....

Ce soir il n'y a pas de peur.

 

17.01.2007

ne pas l'éteindre

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Cette note est la 100 ème de ce blog. Il importait donc de marquer la chose ; et dans la mesure où Etty plane sur ce blog comme un ange de bienveillance, il est apparu naturel que lui revienne l'honneur de la marquer de son empreinte.

C'est une phrase que je n'avais pas vu en la lisant et que j'ai découverte chez Aletheia. Je la trouve inouïe et je crois bien qu'une vie sans doute ne suffirait pas à en faire le tour.

Elle dit ceci :

"Je vais te promettre une chose, mon Dieu, oh ! une broutille : je vais t'aider à ne pas t'éteindre en moi."

Il est possible de remplacer Dieu par "la vie", ou par "l'amour", ou autre chose de même nature.

Mais l'essentiel de toute vie est peut être simplement là ; à ce que chacun fasse en sorte de ne pas abimer, ni altérer, l'énergie de vie dont il a été dépositaire à sa naissance.

Peut être est ce là l'ultime responsabilité de chacun ; être à hauteur de ce que la vie nous offre. De ne pas décevoir cet incroyable miracle de vivre.

Aurais-je le courage de promettre une chose pareille ?

02.12.2006

dans le creux de l'oreille

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Il paraît qu'hier soir à la télé, quelqu'un a dit que le livre préféré de François Mitterand était celui d'Etty.

Cela ne m'étonne qu'à moitié.

Le fait que l'on parle d'elle à la télé m'a fait tout drôle. Un mélange de gène et de contentement.

Au final, je pense qu'il ne faut surtout pas que la télé, et les médias en général, en parlent de trop. Ils tueraient sa force.

Ce livre ne doit pas faire l'objet d'une trop forte médiatisation.

Il doit être transmis, pas communiqué.

Il doit être offert d'âme à âme et de coeur à coeur d'une personne à une autre.

Comme toute les choses importantes, il doit être murmuré, transmis dans le creux de l'oreille comme les secrets d'enfance.

C'est de silence dont il a besoin. Pas du vacarme sourd de la machine médiatique.

Pour finir, cette phrase qui n'est pas d'elle, mais citée par elle ; deux fois. Elle est d'une certaine Paula Becker-Modersohn :

"... Elle avait dans le sang cette grande absence d'exigences face à la vie, qui n'existe qu'en apparence et n'est en réalité rien d'autre que l'expression authentiquement mûrie d'exigences supérieures : le mépris de toute valeur extérieure, qui naît de la sensation inconsciente de sa propre plénitude et d'une félicité intérieure mystérieuse, impossible à élucider totalement."

"Une félicité intérieure mystérieuse, impossible à élucider totalement".

Sans doute parlait-elle, en citant cette phrase, un peu d 'elle.

C'est cette impossibilité à l'élucider qui fait la force et le mystère d'Etty.

C'est pour cela que ce livre a besoin de silence.

Pour préserver son mystère.

14.11.2006

loin des bâtons

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Période professionnelle infernale. Peu de temps à moi, d'où ma relative absence sur les blogs.

Et dans cet harcèlement des "choses à faire", curieusement, la réapparition dans mon théâtre intime des contes qui, ces derniers temps, avaient un peu déserté. Moins envie, plus d'inspiration.

Et puis, en peu de temps, bien avancé sur un prochain spectacle, ajouté un nouveau conte à mon répertoire et suis en train d'en finir un autre, qui, si j'arrive à ce que je veux, pourrait bien être un des premiers contes traditionnels adapté sur une rythmique rock... on verra bien.

Hier, je suis allé conté dans une école.

A la fin, un des enfants m'a demandé "si je pouvais venir tous les lundis", ça fait plaisir.

Il y a eu aussi une petite fille toute frêle avec une toute petite voix timide qui m'a demandé "monsieur, c'est pour de vrai l'histoire de loups que vous avez racontée ?". D'habitude j'élude, je ruse, mais là, elle m'a semblée tellement fragile que je me suis senti obligé de lui dire que le peu de loups qu'il y avait en france n'attaquait pas l'homme.

La semaine dernière, en lisant Etty, je suis tombé sur ce passage là, écrit du camp de Westerbork, juste avant son départ définitif pour Auschwitz :

"Ici, l'on pourrait écrire des contes. Cela vous paraît sans doute étrange, mais si l'on voulait donner une idée de la vie de ce camp, le mieux serait de le faire sous forme de conte. La détresse, ici, a si largement dépassé les bornes de la réalité courante qu'elle en devient irréelle. Parfois en marchant dans le camp, je ris toute seule, en silence, de situations tellement grotesques, il faudrait vraiment être un très grand poète pour les décrire".

Plus tard, cet énigmatique et lapidaire "ce soir, au milieu des contes".

Utiliser le conte pour parler de l'inexplicable ou de l'innomable.

Le Petit Poucet, Barbe Bleue...

Hier je racontais à des enfants de 7 ans un conte qui raconte un homme qui battait sa femme. Celle-ci se trouvant enceinte se demande alors comment faire pour qu'il ne la frappe pas le soir en rentrant et ne tue l'enfant dans son ventre.

Le soir venu, sans savoir d'où cela lui vient, comme si elles lui étaient soufflés, , elle lui demande de s'asseoir et lui raconte des histoires, ainsi toutes les nuits, pendant 9 mois (oui oui, c'est une version française et très ancienne de Schérazade).

Jusqu'à ce qu'à la naissance de l'enfant "l'homme découvre l'autre, et en découvrant l'autre découvre l'amour et perd ainsi la violence qui est en lui".

Et le conte se termine par "ainsi va la vie, là où il n'y a pas de mots, il n'y a que le langage du bâton" (répété deux fois).

Ce conte résonne étrangement avec les mots de Etty.

Si je devais montrer, comme dans un film, l'homme frappant sa femme, l'image serait insoutenable. Si j'en faisais une étude psychologique, cela passerait au dessus de la tête des enfants.

Là, il  y a une distance juste face à la violence et aux affres du sentiment.

Je pense que les contes parlent le langage de l'inconscient, selon des modalités très anciennes, et participent un peu à nous aider à accepter, comprendre et combattre la violence qui sommeille en nous, tel un fauve entre les hautes herbes.

Revivre symboliquement les grandes peurs et terreurs enfouies en nous depuis nos origines, étrangement, nous réhumanise.

Je sens ma réflexion pas encore aboutie sur ce sujet, je pense que j'y reviendrai...

09.11.2006

respirer

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Sur une île, face à la mer, il y avait cette vierge à l'enfant, pour les marins en mer.

En la voyant, j'ai eu envie l'envie confuse de demander. Et de la demande au voeu, et du voeu à la prière, il y a parfois très peu.

Cette nuit j'ai rêvé qu'un pneu de ma voiture était crevé. Aujourd'hui, je me suis réveillé malade, fiévreux, l'esprit éteint.

A midi, un peu hagard, épuisé, j'ai ouvert le livre d'Etty.

J'y ai trouvé une phrase incroyable sur laquelle je reviendrai. Mais j'ai aussi trouvé ceci :

"Oui, c'est vrai, il y a dans la nature des lois très miséricordieuses, à condition du moins que nous ne perdions pas le sens de leur rythme. Je ne cesse de l'observer sur moi-même : quand on est parvenu aux limites extrêmes du désespoir et que l'on se croit incapable de continuer, le fléau de la balance rebondit dans l'autre sens et l'on se sent de nouveau capable de rire et de prendre la vie comme elle vient. Quand, pendant de longues périodes, on est en proie à l'accablement le plus lourd, on peut ensuite et sans transition s'élever au dessus de toute cette misère terrestre, au point de se sentir léger et libéré comme jamais encore dans sa vie. Je vais de nouveau très bien alors que, quelques jours durant, c'était assez désespéré. L'équilibre se rétablit toujours. Ah ! mes enfants, un monde bien surprenant..."

Savoir que cet extrait d'une lettre de Etty a été écrit après plusieurs semaines en camp et quelques jours avant d'être déportée, lui donne bien sûr une légitimité indiscutable.

Etrangement, sur le blog de Plauch, hier, je laissais un commentaire qui résonne un peu avec ce texte.

L'idée que plus qu'une recherche de libération de l'esprit, de réalisation de soi, et toutes ces sortes de choses si vitales et si importantes, l'essentiel était peut être simplement de laisser son esprit respirer à son rythme.

De trouver pour son âme (oui, j'utilise indifférement les mots âme et esprit, n'en percevant pas bien la différence) la respiration qui lui convienne, puis celle-ci trouvée, de laisser les choses se faire, naturellement. Alors peut être, les choses et les êtres entrent-ils en résonnance laissant apparaître une paix à laquelle nous aspirons tous.

Les élans presque joueurs et juvéniles de Etty me bouleversent. Comme ce "ah, mes enfants, un monde bien surprenant" ou cette signature "le coeur pensant de la baraque".

Sur ces belles paroles, je sens la fièvre qui monte à nouveau.

Un Doliprane, une tisane et au lit... Demain sera un autre jour.

 

21.10.2006

le chantier du jour

"Je crois que la vie m'impose de hautes exigences et a de grands projets pour moi, à condition que je ne me ferme pas à ma voix intérieure, que je lui obéisse, que je reste sincère et disponible, sans vouloir rejeter non plus mes sentiments".

Etty

15.09.2006

les nouvelles chaussures

 

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J'ai de nouvelles chaussures. Et comme à chaque fois, pour peu que les semelles ou la hauteur des talons soient un peu différentes, quelques douleurs dans les jambes se font jour.

Le temps que les muscles et tendons s'habituent aux nouveaux efforts qui leur sont demandés.

Il en va de même lorsqu'on change de cadre mental.

Il y a toujours un temps de mal à l'âme, le temps que les connections se fassent. Ensuite on peut marcher longtemps.

*** ***

Toujours à lire Etty.

C'est peu de dire que chaque mot me boulerverse.

Je crois que j'attendais de lire ces mots depuis toujours.

Certains livres parlent de Dieu, de la souffrance, de l'immensité du ciel, de l'amour..  et ne font qu'en parler.

Etty vous les rend présents, palpables. Et ses mots modifient votre conscience. Profondémment. Dieu n'est plus un mot mais une présence.

Je n'ai pas la foi tout en l'espérant. Mais je suis sensible à cette immensité au delà de nous. A cette source vive qui coule entre toute chose.

Et Etty réveille en moi, cet appel là.

*** ***

Etty et Anne Franck vivaient à Amsterdam, au même moment.

Il me plait de penser qu'elles se sont peut être croisées.

Il parait que dans les camps, les déportés écrivaient sur ce qu'ils pouvaient, et avec ce qu'ils pouvaient. Et qu'avant de mourir, ils cachaient, parfois en les enterrant, leurs écrits.

Il parait que très peu ont été retrouvés. Presque tous on été détruits.

J'imagine que dans tous ces écrits, une bonne part aurait rendu à l'humanité la part d'elle même qu'elle a alors perdue.

Et puisque l'on a parlé de chaussures, dire que l'état de ses pieds était un souci constant pour Etty et les siens, dans la mesure où ils n'avaient plus le droit de prendre les transports en commun, ni de circuler en vélo, et que de ce fait tous les déplacement devaient se faire à pied.

*** ***

Autrement ici, c'est maintenant l'automne pour de vrai.

Pluie et ciel gris, sensations de rentrée et nez dans le guidon.

Mais que tout cela me parait léger à porter en ce moment...

 

 

 

 

10.09.2006

du couple et de la multitude

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Etty (oui, j'ai décidé de l'appeler Etty. Elle sera dorénavant une amie bienviellante veillant sur moi) revient dans son journal à plusieurs reprises sur le couple.

Selon elle, l'être humain est tellement multiple, qu'il est déraisonnable d'imaginer qu'une personne puisse, à elle-seule, en combler une autre. (Elle-même a eu plusieurs hommes en même temps dans sa vie).

En y réfléchissant je me suis rendu compte que toute ma vie, en plus des femmes avec lesquelles je vivais (et auxquelles j'étais, et suis fidèle) j'ai toujours eu plusieurs amies femmes en même temps (amies et non amantes).

Et à bien y réfléchir, ce que je prenais jusque là, comme une forme d'infidélité soft, où la séduction n'était pas absente, est peut être la réponse à cela.

Le besoin de partager avec d'autres personnes ce que je ne peux partager avec ma femme.

Et c'est peut être là un des problèmes de ma relation avec ELLE, c'est que si nous nous entendons très bien sur certaines choses, nous  nous complètons très mal sur d'autres.

Et dans la mesure où ELLE a du couple une vision très "exclusive", plusieurs parts de nous-mêmes restent ainsi en jachère, attendant une écoute, une réflexion qui, et pour cause, n'arrivent pas.

Cela créé de la souffrance, du manque, de la mutilation.

Je ne sais, si cette idée, ou plutôt sa conséquence, à savoir une refonte totale de la vision du couple, est fiable, vivable ou pas, mais elle est intéressante de par les questions qu'lle induit.

En nous focalisant sur une seule personne, peut être nous privons nous d'une infinité de rencontres qui pourraient contribuer à nous enrichir.

Ah Etty.

Je disais dans une note précédente qu'à la lire, il m'arrivait d'en avoir les larmes aux yeux d'exhaltation et d'émerveillement. Ces mots n'étaient pas les bons. Je pense maintenant que le bon serait "reconnaisance". Oui de reconnaisance.

J'ai ouvert une catégorie dénommée "Etty".

J'y mettrais, des citations ou des réflexions la concernant. Elle était vraiment étonnante.

En 1942, une jeune femme de 27 ans, croyante, écrivait :

"Ainsi la vie est elle un trajet d'un moment de délivrance à l'autre. Et je devrai peut-être souvent chercher ma délivrance dans un méchant morceau de prose, de même qu'un homme parvenu au fond de la détresse peut rechercher la sienne aurpès de celles qu'on nomme si vigoureusement des putes, parce qu'il est des moments où l'on soupire après une délivrance, n'importe laquelle."

Je précise qu'il n'y a pas obligatoirement de cause à effet avec le début de post.

Mais cette phrase là est d'une fulgurance...

 

 

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