03.07.2008
L'homme au bois dormant
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30.06.2008
un souvenir d'adolescence
Il était tard samedi soir. Je sortai d'un spectacle pour raison professionnelle.
Je roulais d'une banlieue à une autre pour rejoindre la Dame.
A la radio, il y a eu une chanson. Au début je me suis dit "tiens c'est pas mal", et puis ça dure. Et puis l'on sent comme un frisson, une tristesse qui vous rattrape, celle de son adolescence.
Et ça dure encore, jusqu'à ce que, peu à peu, l'on sente les larmes nous monter jusqu'aux yeux, tellement ce texte on aurait pu l'écrire nous-mêmes, peut-être pas dans tous les détails, mais dans l'essentiel, ça c'est sûr.
Une diction parlée-chantée, une sorte de Coney Island à la française.
Je suis arrivé chez la Dame. Là j'ai fait une pause d'amour. Mais le lendemain, je suis allé voir qui c'était : Mendelsson, 1983 (Barbara).
Je l'ai trouvé sur Deezer. Je l'ai réécouté, plusieurs fois, parce que parfois fatigue aidant on peut se laisser embringuer dans un truc qu'on regrettera plus tard. Et puis non.
Alors je l'ai mis comme musique d'accueil sur ce blog.
Ca dure un peu de 10 minutes.
Ecoutez. Moi j'ai vu défiler une partie de la première moitié de ma vie...
20:37 Publié dans au fil inconstant des jours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mendelsson
25.06.2008
enfin un soir chez moi

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20.06.2008
une carresse

- "Vois-tu Jean, si tu devais manifester ta tendresse à quelqu'un en le touchant, quelle zone de son corps toucherais-tu ?
- La zone située juste entre les omoplates. Parce que c'est la seule qu'un être humain ne puisse toucher par lui-même. Ainsi saura t-il qu'en cet instant il n'est pas seul".
(Phrase venue dans un café en attente d'une réunion de travail qui s'avéra mortelle et très tardive. Une manière de recentrer les choses...)
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18.06.2008
à la maison de retraite médicalisée
Elle a plus de 80 ans et beaucoup de soucis de santé. Elle est en maison de retraite médicalisée depuis quelques mois, pèse 32 kilos, a le visage de plus en plus ridée, de plus en plus émaciée.
Elle ne peut presque plus marcher si ce ne sont quelques pas avec un déambulateur pour aller au toilettes. De cette usure du corps émerge deux grands yeux sombres intacts à l'énergie farouche.
Elle entend très mal mais peut -dieu soit loué- encore lire. Elle perd des bribes de sa mémoire sans s'en cacher d'ailleurs. Elle dit souvent qu'elle en a assez même si la force dans ses mains dit très exactement le contraire. Sa chambre est minuscule et donne sur un petit parc d'où l'on entend des bribes d'un groupe de rock répétant au loin.
Elle nous raconte que pendant le repas pris avec les autres pensionnaires (on la descend en fauteuil roulant) les autres ne lui parlent pas parce qu'il est dit d'elle "celle là de toute façon elle entend rien". Ce à quoi elle ajoute malicieuse "remarque vu le peu que j'entend, je préfère encore ne rien entendre !".
Elle nous imite aussi son voisin parckinsonien qui lui envoie la moitié de son assiette dans la sienne "tu vois je suis obligé de mettre une serviette sur mes genoux et devant moi à cause de lui ! Et imagine quand il y a des petits pois !"
Elle nous dit la dame d'à côté alzheimer qui se trompe tous les soirs de chambre et prend ses affaires pensant qu'elles sont les siennes, de l'autre dame en face, également alzheimer, qui à longueur de journée et de nuit parfois, crie et gémit.
Elle préférerait tant retrouver son chez elle, mais admet qu'après son accident vasculaire cérébral et les deux jours et une nuit passés par terre dans sa cuisine à espérer que quelqu'un vienne, ce n'est plus possible.
Je mets les mains sur son lit et sens étonné une vibration, on m'explique que c'est un lit anti-escarres, je joue un moment avec une sorte de pince au bout d'une tige permettant d'attraper les choses lorsqu'elles tombent.
Comme à chaque fois elle me serre fort dans ses bras au moment de se dire au revoir, acceptant tous les deux que ce puisse être la dernière fois.
Emu je sors, prends l'ascenseur, me retrouve dans le hall en bas.
Là, une vingtaine de vieillards assis sur des chaises disposées en un carré ouvert sur un côté. Ils sont côte à côte, ne se parlent pas et regardent dans le vide. Je me dis qu'ils regardent la télé, mais non, ils ne regardent rien. Ils est 17h15, ils attendent le repas de 18h00 dans un silence de... mort.
Et je me dis alors que l'enfer doit un peu ressembler à ça, que je préfère encore la solitude bravache de ma grande tante Simone à ce désastre là.
Et cette phrase surgit au hasard d'un rêve et qui m'obsède ces derniers temps : "A défaut de sortir de la forteresse, au moins arriverons-nous à marcher sur les remparts..."
11:02 Publié dans au fil inconstant des jours | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
17.06.2008
une pensée
Je vous en prie, allez là (note du 16 juin 2008)
Parce que je crois dans le fait que penser fortement à quelqu'un peut lui faire du bien.
Vous y lirez par la même occasion un texte bouleversant et, sincèrement, un des plus beaux que j'ai pu lire.
Et puis aussi cette phrase, que je souhaitais mettre sur ce blog depuis un moment, et qui en l'occurence trouvera toute se place aujourd'hui :
"Il importe d'être tenace dans sa vision poétique".
Cette phrase Ardente Patience, me fait songer à vous...
PS j'avais oublié qu'il fallait un mot de passe pour accéder à son blog. Mais je laisse quand même cette note comme trace de ma pensée pour elle...
17:34 Publié dans au fil inconstant des jours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.06.2008
laisser reposer parfois
Le lendemain matin de la note précédente dans laquelle je narrais avoir vue ELLE à la télé, et la morsure par conséquent subie, une voiture m'a klaxonné sur la Francilienne (pour les provinciaux c'est une deux fois deux voies au travail démentiel) alors que je me rendais à mon travail, décalé par rapport à mes horaires habituels.
J'ai tourné la tête, c'était ELLE, avec un joli sourire et ELLE semblait heureuse.
Je me suis dit alors que malgré la mise à distance réciproque nous restions décidément toujours connectés.
Le soir même, allant faire des courses, j'eus la conviction que j'y croiserais une amie avec laquelle nous avions convenu par mail de nous voir prochainement. Évidemment qui vis-je au rayon fromages ?
Le lendemain encore plusieurs appels de personnes pas vues depuis des années et peut-être qui sait, quelques contrats à la clé...
Et l'après midi même, en regardant un spectacle, comme une évidence, m'est venu le sujet de notre futur spectacle avec la Dame et la nuit suivante dans un demi sommeil les premières lignes.
Je devrais pourtant le savoir et y croire un peu plus. Chacune de ces périodes "vides" est l'occasion d'un travail en profondeur, évoluant à mon insu et qui un jour porte ses fruits.
Du coup, pour l'anniversaire de ma mère, j'ai inventé une recette de gâteau :
Vous prenez une pâte feuilletée fraîche (vous pouvez prendre aussi sous cellophane mais c'est moins bien), un melon, des fraises, du sucre en poudre.
Vous étalez la pâte et la mettez si vous en avez un dans un moule en forme de coeur (ça ne change pas le goût mais c'est joli). Vous soupoudrez de sucre en poudre et laissez cuire environ 20 mn à 240°.
Sortez et laissez refroidir.
La pate ayant monté en cuisant, couper la en deux dans le sens de l'épaisseur (délicatement c'est fragile !). Sur le fond de tarte étalez du melon, soit coupé très fin, soit écrasé à la fourchette.
Par dessus disposez des fraises coupées en deux. Soupoudrez les de sucre en poudre.
Recouvrez le tout de la partie de pâte préalablement coupée.
C'est délicieux et léger.
Comme la vie peut l'être parfois...
PS : pour les bougies, il faut lire 5 + 2 = 7, plus 4 petites, soit 74 ans...
14:43 Publié dans au fil inconstant des jours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.06.2008
tombé à terre

21:30 Publié dans au fil inconstant des jours | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
29.05.2008
préférence
17:04 Publié dans au fil inconstant des jours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28.05.2008
un magicien qui fugue
"Les ailes du désir" Wim Wenders
Je me rends compte ces derniers temps que j'ai un vrai problème d'identité.
Beaucoup de choses à faire, peu de temps pour m'isoler, et très vite, "l'impression de me perdre", de me diluer, de perdre la relation avec moi-même.
Diverses réactions se mettent alors en place : plus de mots à écrire, plus de musiques, fuite de l'instant présent dans une stratégie vaine de récupérer un peu de cohérence et de présence à moi-même, difficulté à écouter, esprit papillonnant, sensation de vide intérieur, adieu merveilles et illuminations diverses... Plus rien ne chante, tout se plombe et parait vide, inutile. Comme si le magicien intégrateur qui parfois réside en moi se faisait la malle en laissant son fantôme à sa place.
Tout cela alors que d'autres sont comme des rocs. Quelque soient les situations ils restent "entiers", incarnés, connectés.
Moi j'ai besoin de m'absenter du monde pour me sentir revivre.
C'est une de mes fragilités, je me perds facilement (dans tous les sens du terme d'ailleurs).
C'est aussi pour cela que j'ai besoin d'être souvent seul, parce qu'à un moment d'une vie sociale trop intense, je ne sais plus ni qui je suis, ni où je suis. Comme si je n'arrivais pas à me garder entier, que je me morcelai...
Cela est vrai aussi pour ma vie amoureuse, ce besoin de m'isoler régulièrement, et difficile à expliquer qui plus est.
Un psy y trouverait surement de quoi assurer ses vieux jours. Pour ma part c'est quelque chose que je n'avais pas conscientisé jusqu'ici.
Et ce n'est pas fini : ce soir je joue à Paris, puis vais chez la Dame, demain soir je vais voir un spectacle puis vais chez la Dame, vendredi soir je travaille puis... rentre chez moi, samedi soir je récupère les enfants et dimanche je les ramène, le week end prochain je fais un aller et retour en province pour aller chercher ma mère, sans oublier un métier à plein temps en journée...
Autant d'occasions du coup pour observer une fragilité sur laquelle je n'avais jamais mis de mots.
Et l'accalmie dans cette vie de dingue est loin, vraiment loin...
14:52 Publié dans au fil inconstant des jours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note







