« après les infos télévisées | Page d'accueil | qui trop embrase mal éteint »
21.04.2008
à propos des autruches
J'étais à la caisse d'un magasin lorsque j'ai reçu un texto de ma fille.
Elle me demandait si j'étais au courant du fait que l'oeil d'une autruche était plus gros que son cerveau.
Je le savais mais l'avait oublié. Je sais qu'elle peut voir une aiguille à coudre à deux kilomètres, et à bien y réfléchir il me semble que cette information n'est pas si anodine que ça.
Qu'il est possible de constater que notre époque est comme l'autruche. Elle voit tout, elle sait tout, mais a du mal à penser ce qu'elle voit. Ce flux d'images ininterrompues jusqu'à l'indigestion. Et lorsqu'elle a peur elle met la tête dans le sable.
Une semaine passée sur une pitoyable banderolle un jour de match de foot, une semaine sur Aymé Césaire, indifféremment, comme si c'était la même chose, que tout cela se valait, comme si tout cela était d'égale importance. Et à ce propos, je n'oublierai pas le matin du lendemain de la mort de Césaire à la radio. Pas d'hommes politiques venant vendre leur salade, pas de spécialistes économiques ; juste un temps à parler poésie, à en entendre et à rappeler que l'on pouvait être homme politique et grande conscience. Que cela a fait du bien.
C'était comme une trouée dans une chape de plomb.
A la réflexion, devient mythe ce qu'une société a perdu. Les loups sont entrés dans les contes lorsqu'ils n'ont plus été autour des maisons et les dieux deviennent mythes lorsqu'ils s'éloignent. Aymé Césaire est entré dans l'espace médiatique quand la poésie s'y est tue, et la politique ravalée à sa plus bête expression.
Dans les zoos, autruches et émeus m'ont toujours mis mal à l'aise. Quelque chose d'imprévisible et même de cruel. Je m'en suis toujours méfié. Et la chair des autruches est tendre certes, mais fade...
Autrement, commencé le dernier Anna Gavalda. Trente pages lues et déjà l'émotion à son comble devant tant de coïncidences. Comme le personnage principal j'ai vécu, mal, avec une femme du même prénom que la sienne, comme lui j'ai passé des journées d'hivers à me les cailler dehors pendant que ma fille faisait du cheval, comme lui je vénère la chanson "Suzanne", et cette chanson qu'il lui préfère que j'ai mis sur ce blog, comme lui je trouve mon adolescence moins cynique et dure que celle de mes enfants. Ma fille m'a dit aussi qu'il va se ressourcer plus tard à l'abbaye de Royaumont. Lieux qu'elle et moi aimons beaucoup.
Un lieu découvert avec ELLE. ELLE qui ne me répond plus, ne me parle plus, comme un prénom définitivement rayé dans un carnet.
Alors, la Consolante pour se consoler, une petite musique qui n'appartient qu'à son auteur. Je ne sais comment ses livres vieillieront. Mais pour l'instant je m'y sens si bien.
Tiens, moi qui ai si peu de temps pour me consacrer à ce blog, je viens de me rendre compte que je viens de rédiger trois notes en une...
15:05 Publié dans au fil inconstant des jours | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : anna gavalda, autruche, aymé césaire





Commentaires
ca fait un moment que je ne suis pas venue vous lire Bigfish et j'ai beaucoup de textes à rattrapper...
Mais j'étais passé vous demander si je vous avais déjà dit que ce que j'apprécie le plus chez vous c'est votre finesse d'esprit...sourire
Ecrit par : noir intense 35 | 04.06.2008
Ecrire un commentaire